Carnet de route

Vers le sommet de l'Etna

Le 09/02/2019 par Manfred Jeitler

Dimanche Jan 27:

Après le mauvais temps de samedi, la météo pour dimanche est favorable, et en fait il fait grand beau. On sait que ça sera une longue course - des locaux (près du réfuge Citelli) nous en ont parlé et ont dit que de Papardello jusqu’à la Punta Lucia on aurait une dénivelée de 1700 m, et en plus une approche assez plate d’abord, alors vraiment une longue course.

Alors, le petit déjeuner est servi à 6:30, et on démarre de Nicolosi vers 7:15.  La route au point de départ est assez longue et n'est pas tout à fait évidente. Le dernier bout est un chemin étroit, non goudronné, et là on aurait vraiment préféré d’avoir des 4x4. Mais on passe sans problèmes des grosses flaques d’eau et des endroits enneigés jusqu’à un endroit où la voiture de Damien (pour laquelle nous n’avons pas les bonnes chaines) ne passe plus. Alors on s’arrête dans un virage où il y a beaucoup de place pour se garer, et quelqu’un court pour appeller Alexis, que retourne aussi à cet endroit pour se garer dans à côté.

Nous démarrons à 9:00 heures des voitures, à une altitude de 1150 m à peu près. D’abord il faut porter les skis un petit peu, mais bientôt on peut les chausser. Nous voyons qu’il y a pas mal de traces de ski, alors on est sûr d’être vraiment sur le bon chemin. Quelques vaches descendent à coté de nous en courant. Après quelques minutes nous passons le portail qui était noté comme début de la course. Il est fermé, on passe à gauche par une ouverture vraiment assez étroite - « faut pas être trop gros », comme on explique à Obélix dans le film « Astérix et Cléopâtre ».

Le chemin monte très doucement, nous mettons presque une heure pour 200 m de dénivelée, mais la promenade dans le bois est vraiment jolie. On passe par des forêts d’oliviers sous la neige - une vue assez exceptionnelle. Il y a aussi des autres arbres, des chênes, des arbres qui ressemblent à des mélèzes, de pins et aussi des sapins.

Après presque deux heures de montée et une dénivelée de quelque 500 m seulement nous nous arrêtons pour boire un coup et pour nettoyer les peaux des sabots. Chez quelques-uns de nous ça botte vraiment très fort, moi j’ai de la chance parce que mes jolies peaux toutes neuves restent complètement propres. (Je me rends compte que c’était pour cette raison que la vitesse était très agréable pour moi, je n'étais pas freiné par la neige collante comme les autres.)  Nous mangeons un peu, après on continue tout droit, où il n y’a pas des traces. Ici, le chemin est complètement plat ou descend même un peu. Avant peu, nous quittons le bois, et Yoann nous amène à gauche, dans la direction vers la montagne. Ce n’est toujours pas raide mais au moins maintenant nous allons vers la montagne.

Après un moment, nous faisons une autre pause, nous sommes toujours en dessous de 2000 m. Après on continue vers la montagne. On voit qu’il y a une pente douce à gauche, d’où nous pourrions accéder au flanc de l’Etna, mais Yoann préfère marcher tout droit, descendre quelques mètres vers la forêt et après monter par elle. Il m’explique que ça sera plus rapide parce qu’on évite le plat, et il a raison. La forêt n’est pas trop dense, c’est assez raide maintenant, et on avance bien.

Au bout d’un moment nous quittons la forêt et maintenant il n’y a que la montagne devant nous. Ceux qui sont en avant marchent plus vite maintenant, la neige ne leur fait plus de sabots, et je dois faire un effort pour rester avec le groupe. Yohann (le participant) a aussi un problème avec la vitesse, et au bout d’un moment Yoann (le guide) reste avec lui, un peu en arrière, tandis que notre président Alexis mène les autres vers le sommet. Je laisse les autres passer devant, seulement Xavier se tient toujours derrière moi pour me remonter le moral, c’est bien gentil de sa part ! Ce qui est bien est qu’il fait assez chaud, il n’y a presque pas de vent, je marche seulement en chemise. Le temps passe et on est un peu pressé parce que nous voulons quand-même arriver à la Punta Lucia avant qu’il soit trop tard ! J’ai peur qu’Alexis fasse demi-tour avant que je n'arrive en haut, je fais un effort, et au bout d’un moment je dépasse même les autres, toujours courant derrière Alexis, dont la veste jaune se détache bien devant la neige. C’est bien de marcher vite parce que maintenant il y a quand même du vent et il fait assez froid. Finalement, sous le cratère sommital, Alexis s’est arrêté et on s’apprête à descendre.

Nous sommes montés plus haut qu’à la Punta Lucia, qui serait à 2940 m - je n’avais même pas remarqué où elle était - et nous nous trouvons à une altitude de 3150 m à peu près. On aurait pu monter au cratère sommital NE (en activité) si nous avions eu le temps mais il est déjà 16:00 heures et nous devons quand-même descendre 2000 m!  Je pense que peut-être ce n'est pas bête de s'arrêter, qui sait ce que peut faire le volcan quand on s’y approche trop. Nous voyons bien la vapeur blanche qui sort du cratère à gauche (plus au nord) de façon continue, et la fumée foncée qui sort à intervalles du cratère droit (au sud - je ne suis pas sûr si ç’est le cratère principal ou celui de sud-est).

Alexis commence à descendre parce qu’il a froid, ici le vent est fort, et dès que nous avons enlevé les peaux nous descendons aussi. D’abord Alexis cherche à descendre plus à droite mais après il revient vers la trace de montée, et c’est bien, parce que nous voyons Yoann et Yohann là, à la Punta Lucia. Nous les rejoignons et descendons ensemble, juste quelques centaines de mètres à droite de la trace de montée, sur des pentes superbes. Yoann les a bien choisis, à côté de la trace de montée il y avait quand-même pas mal de rochers de lave. Ici, ce n’est pas seulement le ski qui est superbe, nous avons aussi droit à un coucher de soleil magnifique.

Quand nous arrivons sur la partie plate, la nuit commence à tomber, mais ça ne pose pas de problème, on retrouve notre trace de montée. Nous contournons le talus que nous avons descendu à la montée à gauche pour ne pas le remonter, après nous continuons sur nos traces. Il faut pousser un peu ici sur le plat mais bientôt nous arrivons à la forêt. Il commence à faire noir, j’allume ma lampe frontale et quelques autres font de même. Après une courte marche nous regagnons l’endroit où nous avions fait la première pause, après nous descendons sans effort sur le chemin pas raide.

A la fin, ceux qui aiment leurs skis (comme moi) déchaussent tandis que ceux qui aiment leur magasin de service de ski les gardent sur les pieds, malgré les cailloux et les endroits sans neige. Finalement, nous arrivons aux voitures vers 18:20, après 9 heures de marche et 2000 m de dénivelée.

A la descente, les voitures, conduites par nos maîtres-chauffeurs Alexis et Damien, n’ont pas de problème avec ce qui reste de neige sur la route, et après un quart d’heure nous regagnons le goudron. Après un peu de route nous arrivons à Bronte, la capitale des pistaches, où nous nous régalons avec plats principaux et dessert, le tout fait avec des pistaches.






 

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