Carnet de route

Equateur

Le 03/09/2018 par Eloïse Jenninger

Ce texte de 500 mots reste trop bref comparé au vécu qu’il tente de représenter. Ainsi, voici quelques bribes du voyage réalisé en juillet 2018.

Nous commençons véritablement notre expédition à Guangaje, village perdu à 3845 m d’altitude dans la province du Cotopaxi

Séparés en plusieurs petits groupes, nous aidons chacun à notre manière, mais  surtout, nous rencontrons les habitants. Six filles entre douze et dix-sept ans échangent sur les différences de culture. ¿Cuántos hermanos, tienes novio? ¿Tus artistas favoritos? Como se dice: ¿Buenas mañanas mi amor, en francés?".

Nous réalisons également qu’une partie des indigènes ne parlent pas espagnol.. Ils sont du peuple Quechuas, les descendants des Incas, et parlent Quechua. .

Ils n’ont jamais rencontré d’étrangers. A notre départ les filles blondes et rousses du groupe laisseront un cheveu en souvenir à leurs nouvelles amies.
Preguntas, preguntas, preguntas. Un joli lien se forme. Les soirs, nous nous retrouvons et dînons tous ensemble. Locro de papas,la soupe de pomme de terre traditionnelle , puis riz et légumes et parfois viande.

Chaque soir, ensuite, nous nous regroupons au chaud, au plus près du poêle bien mérité après une journée de travail. En effet en juillet aout le climat et sec et il y a beaucoup de vent.Tout au long de la semaine, nous aurons aidé à construire une maison, à ramasser des pommes de terre, à approvisionner en eau et en nourriture des familles... Mais ce que nous retiendrons de cette expérience, ce sera surtout les sourires, au départ timides, échangés : pas besoin de parler la même langue, ou bien, les parties de foot improvisées où le niveau de chacun est mis à profit et permet de créer une partie originale et amusante qui déclenche des éclats de rire.

Ces cinq jours à Guangaje resteront gravés en nous.

Nous visitons ensuite la capitale d'Équateur : Quito.

Au marché, nous jouons aux négociations, timides pour quelques-uns, tandis que chez d'autres l'expérience audacieuse se fait sentir. Il est l’heure de choisir son poncho avec soin dans une chaleur intense.

Quelques jours plus tard, une petite soirée à la guitare s'improvise. Essayage d'accords, bégayements, fausses notes parfois, mais tous, ou presque, se lancent et chantent à leur tour.

La fin du voyage se fait sentir lorsqu'arrive l'ascension du Cotopaxi. Au cours de l'expédition et même bien avant, nous nous serons préparés à celle-ci en réalisant des sommets de plus en plus élevés tel que le Bishorn, et l’aiguille du Tour. En Equateur le Ruccu Pichincha 4794 m et l’Illiniza norte 5116 m pour ceux qui n’avaient pas le soroche (Le mal des montagnes) .

A 23h, chacun fait ses préparatifs et dévore son petit déjeuner. Puis minuit, c'est l'heure du départ. Les uns derrière les autres, le front baissé, frontales sur le casque, nous avançons avec comme objectif : la "cumbre" du Cotopaxi. Le noir, tout autour de nous, et les faisceaux des frontales qui éclairent le brouillard, les chaussures crissent sur la neige glacée.

Je marche, celui de devant s'arrête. Je m'arrête. Celui de devant reprend. Je reprends. Quelques secondes d'écart qui font que de loin, si l'on nous voyait, nous ressemblerions à une chenille qui se déplace à son rythme. Nous avançons pendant deux heures environ, et il est alors temps de s’équiper et de s’encorder : crampons, piolet, chacun retrouve ses partenaires de cordée. Sauf que le glacier justement en éliminera beaucoup : froid, nausée et hallucinations « Oh ! Des gants ! Des gants partout !». Il est temps pour certains de retourner au refuge pour retrouver un lit mais dans lequel il ne faut surtout, surtout pas dormir à cause du mal de montagne.
En haut, le vent agresse nos lunettes de soleil, qui finiront la journée toute zébrées. Sur une soixantaine de départs du refuge, seuls une dizaine ont persévéré après le glacier. Le brouillard, le vent violent, la neige  qui fouette le visage, personne ne fera le sommet ce jour là. C'est cela aussi la montagne : Penser au retour, sentir et évaluer ses limites, et prendre en compte les capacités de chacun… Cela peut parfois être très frustrant mais dans tous les cas, nous pouvons être fiers de nous. 

Nous ferons également  une jolie balade à cheval, notre petit groupe cavale. Deux pauses : s’imposent : L’une pour visiter une fromagerie, l’autre dans la forêt tropicale. Le guide nous indique que chaque fleur, chaque plante, chaque herbe est utilisée par les indigènes. La Pacha Mama, c’est nous, c’est le tout dont on fait partie. Pour les Quechuas l’homme et la nature ne font qu’un.

Au retour, des larmes coulent sur les joues pour pleins de raisons qui se mélangent. Chacun a réalisé que cette expédition était encore une charnière de plus vers une transition, quelle qu’elle soit.

Voyage, monde, vie parallèle. Il nous remet en question par son intensité. Chacun rentre chez lui, heureux, transformé, empli de souvenirs pas encore bien intégrés mais qui ont déjà fait leurs empreintes.  

 

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