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Alpinisme

L'été à la Grande Lui

30/07/2005
L'été à la Grande Lui

Le massif du Mont Blanc a plusieurs facettes et plusieurs nationalités. Ces samedi 23 et dimanche 24 juillet 2005, avec François et Marco, nous sommes allés visiter la Grande Lui (3509m) versant Saleina à l’extrémité valaisanne du massif. C’est un voisin de l’Aiguille d’Argentière, certes moins difficile, mais non sans intérêt.

Le départ de la course se fait dans le Val Ferret Suisse à Praz-Fort, peu avant la Chouly. L’accès à la cabane CAS de Saleina est déjà conséquent avec 1300m de dénivelé et des passages en dalles de rocher avec des chaînes et des marches taillées. La cabane est toute neuve et bien conçue, l’acceuil très sympathique, familial ; la vue est grandiose sur le Glacier de Saleina, l’Aiguille d’Argentière, le Chardonnet et les Aiguilles Dorées.

Marco sur les dalles sous le refuge

Dimanche, départ 4h45. Le ciel est déjà chargé, comme annoncé par la météo. Nous remontons la moraine au dessus du refuge pour atteindre les névés sous le Col de Planereuse, où nous montons pour regarder en direction du Vélan et du Grand Combin. Le jour se lève doucement et nous permet d’admirer le cirque du Glacier de Saleina.

Le parcours devient plus cahotique entre les crevasses, mais la neige est bien dure. Il faut traverser une suite de petits glaciers qui marquent les faces nords de la Tira Neire et des Darrey. Arrivés sous la Grande Lui, nous marquons un arrêt avant le petit col (point 3255m du topo) pour passer toutes les couches qui nous restent : le vent souffle fort et vient avec un mélange de grésil et de pluie. C’est ça l’été en montagne, personne ne nous croit quand on parle de neige le lundi au boulot !

Aiguille d’Argentière et Chardonnet

La pente finale de la Grande Lui est en mixte : c’est un pierrier instable, partiellement recouvert de neige. Après 200m, nous arrivons sur la crête de neige sommitale, puis le sommet lui-même, il est 8h20.

Sur l’arête terminale

La descente est comme souvent plus délicate que la montée. Vue la météo et la visibilité incertaines, nous choisissons de redescendre par le même chemin. Il faut désescalader en évitant de faire tomber les pierres branlantes. Nous avons opté pour un encordement court, pour éviter les chocs en cas de chutes de pierres. Par chance, la tempête se calme, le ciel commence à se dégager.

Antoine ressort de la crevasse

Nous arrivons enfin sur le glacier. Encordement long, casse-croûte et c’est reparti pour la traversée en direction du refuge. Les conditions ont totalement changé. La pluie et la soleil ont totalement ramolli la neige. Nous progressons rapidement en passant sur un sérac et en contournant les ponts de neige. Nous voilà sur une épaule sous le petit Darrey quand le sol se dérobe sous mes pieds. Je tombe de quelques mètres et suis arrêté en douceur par mes crampons et la corde. La crevasse est relativement étroite et la glace n’est pas vive. Je remonte le plus vite possible vers la surface, la partie la plus délicate étant le passage du pont de neige pour laquelle je dois dégager la neige pourrie avec le piolet. Ouf, cela n’a pas duré plus d’une minute mais quelle montée d’adrénaline. L’issue de cet incident est heureuse mais c’est un bon rappel sur la vigilance nécessaire sur les glaciers et les précautions à prendre.

Pour le reste de la traversée des glaciers, nous sommes extrêmement vigilants et tendus. Nous rejoignons enfin la moraine, puis le refuge. Le soleil est revenu, cela change tout.

Après un thé et le séchage des vêtements, nous reprenons le chemin de la vallée. Il est difficile de quitter ce cadre si splendide.

La Cabane de Saleina et le Grand Clocher de Planereuse

Photos : Marco Boccioli et Antoine Hue






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