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Alpinisme

Echec au Mont-Blanc

04/10/2006
Echec au Mont-Blanc

Toutes les conditions sont réunies pour tenter de voler en parapente du Mont-Blanc. C’est à nouveau depuis le refuge de Tête Rousse que je monte au Mont-Blanc avec Daniel. Dimanche 10 septembre, 3 heures du matin, nous attaquons avec nos gros sacs la montée de l’Aiguille du Goûter. Daniel a vomi au refuge avant de partir et il se demande jusqu’où il pourra aller. Pour lui, la montée est rude. Une grande pause au refuge du Goûter s’avère nécessaire pour qu’il puisse reprendre des forces. 5h20, nous repartons encordés pour la suite de l’ascension. La montée à la pleine lune sur les pentes du Dôme du Goûter est magique. Daniel avance au moral. Nous arrivons au lever du jour au refuge Vallot.

Daniel et Luc au refuge Vallot, le sommet n’est plus très loin.

A mi-parcours sur l’arête des bosses, nous apercevons les premiers parapentes qui survolent la face nord. Le vent est favorable pour décoller dans la face nord, les conditions semblent optimales, nous jubilons. Nous nous dépêchons de monter au sommet avant que les conditions ne changent. Je mets le turbo et nous doublons une par une les cordées qui nous précèdent. La corde derrière moi se tend de plus en plus ! Je suis de plus en plus excité à l’idée de pouvoir bientôt m’envoler du Mont-Blanc. J’avais déjà tenté ce vol en octobre 1995 en partant de l’Aiguille du Midi et enfin je me retrouve au sommet du Mont-Blanc pour retenter l’aventure. 8h30, nous arrivons au sommet. Plusieurs voiles sont étalées sur la neige.
Les parapentistes décollent les uns après les autres. Sans perdre de temps je déplie ma Génair, une voile avec laquelle j’ai déjà volé du Mont Blanc du Tacul et des Dômes de Miage.

Au sommet du Mont-Blanc. Derniers préparatifs avant le départ.

9h, je suis prêt à décoller. Le vent de face est nul, il va falloir courir vite pour atteindre la vitesse de décollage qui est plus importante à cette altitude.

En pleine course d’élan !

Je m’élance tout droit dans la face nord. L’aile monte bien au dessus de moi, mais arrivé à la cassure, l’aile ne me porte pas et je rate le décollage. Heureusement que j’avais gardé les crampons pour décoller, car sinon je n’ose pas imaginer comment j’aurais pu m’arrêter dans cette pente verglacée à 40 degrés, après une course folle d’une cinquantaine de mètres. Pas question de se laisser refroidir par ce décollage avorté ! Je remonte au sommet et cette fois-ci, je choisis un axe de décollage dans la partie la plus raide de la face nord. Je mets la gomme, je cours, je cours ... mais je lâche un peu trop vite les avants et à la cassure l’aile retombe derrière moi. Je me retrouve une deuxième fois scotché au sol.

Daniel se prépare au décollage.

Je ne me décourage pas pour autant et je tente un troisième décollage qui échoue pour trois fois rien. Je sentais pourtant que l’aile commençait à me porter et il s’en est fallu de peu pour que la tentative réussisse. Conclusion de ces essais : la portance de mon aile n’est pas suffisante à cette altitude pour décoller sans vent de face.

Retour à la case départ !

En remontant avec mon aile en chiffon sur le dos, je vois Daniel qui me survole et qui s’éloigne en direction du Mont-Maudit. Il a pu décoller sans aucun problème au premier essais.
J’étale à nouveau ma voile au sommet, mais un léger vent du sud se fait sentir. Il ne sera plus possible de partir versant Chamonix. Une aile biplace est déjà étalée pour décoller versant Italien. Dès que le vent de face est suffisant ils s’élancent et s’envolent après quelques mètres de course. L’aile s’éloigne en direction de l’aiguille de Bionnassay et passe au dessus du col de Bionnassay pour revenir versant Français. Avec la finesse de mon aile, je n’ai pas assez de marge de sécurité pour passer au dessus du col, il n’est pas question que je prenne trop de risques et que je me retrouve trop bas. Je décide de renoncer. Il est déjà 11 heures, je viens de passer 2h30 au sommet. Il est grand temps de redescendre. Je n’ai plus qu’une envie, redescendre au plus vite. Je descends l’arête des Bosses à bon train. Il y a encore quelques cordées qui montent. J’accélère l’allure pour descendre du Dôme du Goûter et en un peu plus d’une heure je suis au refuge du Goûter. Le temps d’enlever mes crampons et de discuter quelques minutes avec un Canadien, je reparts sans plus attendre dans la descente de l’Aiguille du Goûter. Le croisement des nombreuses cordées qui montent et descendent me fait à peine ralentir. En 45 minutes, j’avale les 700 mètres de dénivellation me séparant du refuge de Tête Rousse. Il ne reste plus qu’à rejoindre le Nid d’Aigle pour reprendre le TMB pour Saint Gervais. J’accélére encore le rythme et je monte dans le train de 13h30 une minute avant son départ, soit 2 heures et 40 minutes de descente depuis le Mont-Blanc. Je peux enfin me libérer des 13 kg du sac à dos qui commence à me scier les épaules. Dans la descente, j’ai digéré mon échec bien décidé à retenter l’aventure avec une nouvelle voile.






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