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Alpinisme

La Pointe Isabella

31/07/2012
La Pointe Isabella

Ceux qui sont déjà descendus dans la mer de Glace à partir du Montenvers le ressentent fortement : le cadre est grandiose, sauvage, magnifique.

L’homme est si petit, perdu dans la moraine. Les heures de marche s’ajoutent aux minutes passées sur les échelles où se croisent alpinistes et randonneurs du week-end.

Notre groupe d’alpinistes du CAF a mêlé jeunes, anciens et habitués, sous le regard bienveillant de notre chef de course François et d’Antoine. Philippe, Alexis pour les habitués, Lucie à la découverte et Ron plus ancien mais nouveau au CAF.

A l’arrivée au refuge du Couvercle, nous avons appris l’heure du lever pour atteindre la pointe Isabelle : 3 heures... Et après une bonne sieste et un dîner réparateur, nous nous sommes couchés avant le soleil pour nous réveiller en pleine nuit. Le refuge était plein et nous étions nombreux à nous lever à 3 heures, mais nous n’étions pas nombreux à partir vers la pointe Isabelle et l’itinéraire pour rejoindre le glacier s’est avéré difficile à trouver, avant de finalement atteindre le glacier du Talèfre grâce à une corde fixe.

En crampons nous avons marché sur le plateau enneigé et nous nous sommes encordés avant la 1ère crevasse : Antoine, Philippe et Alexis sur une corde, François, Lucie et Ron sur la deuxième corde.

Le soleil s’est levé très lentement, trop lentement à notre goût car le froid intense pénétrait gants et chaussures. Les montagnes se sont dévoilées peu à peu autour de nous, dans un grand ciel lumineux. Le Mont Blanc bien sûr, avec le Maudit en perspective, et en premier plan les aiguilles du Diable. Sur notre gauche, la dent du Géant, les arêtes de Rochefort et le mont Mallet.

Majestueuses et sauvages, les Grandes Jorasses. Devant nous, loin au-dessus, la pointe Isabelle, coiffée d’un chapeau rocheux.
Nous avons lentement progressé sur les pentes enneigées. Certains ont un peu souffert en montant. Un intermédiaire rocheux a permis de changer de rythme, alors que la deuxième cordée s’est arrêtée au col précédent.

Les réjouissances ne se sont pas arrêtées là : Une arête neigeuse bien effilée, en partie glacée, nous a servi de plat de résistance. Nous avons dû frapper avec le piolet pour affermir nos prises, et c’est essoufflés que nous avons rejoint le plateau supérieur.

A la fin des neiges, avant l’assaut final du rocher sommital de la Pointe Isabelle, la vue est absolument extraordinaire, de celles qui vous accompagne dans vos rêves. Nos efforts sont largement récompensés.

Nous hésitons à poursuivre vers le sommet tout proche, mais comme l’heure tourne, nous redescendons aussi rapidement que possible sous un soleil généreux.

En traversant le glacier du Talèfre pour rejoindre la corde fixe et ensuite le refuge du Couvercle, nous découvrons les débris épars d’un avion. Il semble que le glacier vient juste de lâcher sa prise. Je ramasse un gant de cuir. François analyse le moteur. Nous voyons un train d’atterrissage. Que s’est-il passé ? **

Mer de Glace, devant l’Aiguille du Tacul

Il se fait tard et les jambes fatiguées risquent de nous faire manquer le dernier train du Montenvers. Aussi nous nous hâtons, finissons par rejoindre les échelles, et au prix d’un embouteillage dans les échelles du Couvercle, nous prenons pied à nouveau sur la mer de Glace. Finalement nous avons même réussi à prendre l’avant-dernier train, celui de 18h00. Bravo à toute l’équipe et à notre chef de course François !

** Après analyse par François, il s’agit d’un accident qui a eu lieu en janvier 2002. L’avion, un Piper PA28, a décollé de Lyon pour une balade dans le massif du Mont-Blanc. L’avion a heurté le glacier vers 3100m. Les restes ont donc descendu environ 600m en 10 ans. Les occupants de l’avion n’ont été que légèrement blessés.






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