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Alpinisme

Tour Noir en traversée N->S

29/07/2013
Tour Noir en traversée N->S

Tour Noir en traversée N



En bref : on est allés au Tour Noir avec Antoine et c’était super.

En long...

Après une saison de ski qui s’est étirée jusqu’en juin, première sortie alpinisme de l’année pour moi.

Rendez-vous samedi matin à 9h30 (c’est grasse mat’ !) à Saint-Genis. Antoine, qui encadre la sortie, Maud, Laurent, Marin et moi (Lucie) partons vers les Grands Montets, où nous retrouvons Sally. On triche un peu avec la benne de Lognan. Enfin, on commence à transpirer un peu, direction le refuge d’Argentière. D’abord piste, le chemin se fait sentier, puis pierrier, avant d’arriver au bord du glacier.







les lames des séracs m’impressionnent toujours autant

Nos deux cordées - Antoine, Laurent et Marin devant, moi, Sally et Maud derrière - cheminent un temps sur le glacier, jusqu’à remonter les échelles lorsque le glacier devient manifestement trop chaotique.

Depuis un moment déjà nous cotoyons le Chardonnet, et, peu à peu, à mesure que nous progressons sur le glacier, le cirque de montagnes qui ferment le glacier d’Argentière se dessine : Aiguille d’Argentière, Dolent, les Courtes, les Droites ... Et de l’autre côté, le Buet, le Cheval Blanc, un coin que j’aime bien...moins enneigé ! Les nuages s’accumulent vers le Dolent, quelques gouttes...puis les nuages glissent, pas d’orage ce soir.

Enfin, nous arrivons au refuge d’Argentière. Ca n’est pas ici les flammes de pierre, pourtant, à la couleur des roches qui surplombent le refuge, ça me semblerait bien adapté comme nom. A peine posés, c’est l’heure du repas [après Villar d’Arène, la comparaison est difficile à soutenir]. On discute de l’heure de lever. La gardienne disait 6h30...on préfère partir plus tôt, avoir de la marge : lever 5h. Une partie de belote (lointains souvenirs, c’est un peu aléatoire), et au lit. Confortable, pas de ronfleur !




Le lendemain.

Réveil 4h55 donc. Habillés, harnachés, départ vers 5h45. Un petit bout de chemin pour rejoindre le glacier des Améthystes, où l’on prend ensuite pieds crampons, encordés, pour se diriger vers le couloir montant au col supérieur du Tour Noir.



la course du jour : couloir au fond, sommet à sa gauche


Ca se raidit, les choses sérieuses commencent. Heureusement, l’effort m’évite de me poser trop de questions existentielles. Ca tire dans les mollets, et puis, tantôt devant, tantôt derrière : je suis en milieu de cordée :).
Du col "on n’est plus qu’à" 200m du sommet. Davantage habituée aux sentiers bien (trop?) balisés, je tente vaguement : "on passe par la neige là-bas?" "Sur la neige ou sur l’arête plutôt" "Ah bon...". Ne pas se poser trop de questions, d’abord, il y a mieux à faire : manger, et regarder autour, la vue est bien sympa là-haut même si pas encore en haut. Sur l’arête donc, en mixte, neige, rochers - ne pas tirer sur les rochers, s’appuyer dessus ( je vois bien pourquoi, c’est comme le bout de gypse que j’avais dans ma collection de cailloux, on sait pas trop comment ça se tient, cette espèce de mikado mais avec des morceaux tous différents... tout de même, ça serait bien pratique de se tracter un peu parfois).

Antécime. "C’est le sommet ?" "Non, c’est en face, c’est en face le plus haut" "Mais ça passe là entre les deux ?" "Oui, oui, c’est facile". Un peu avant 10h, arrivée au vrai sommet. Donc pause, et même repas, et "nomenclature" : Vélan, Grand Combin, Cervin au fond avec la Dent d’Hérens, le Weisshorn, la Dent Blanche, les Alpes italiennes au Sud, les Dents du Midi au Nord. Et la Grande Lui juste en-dessous. En bas, la Fouly. Dans mon dos, le Buet, Emosson...

Il va tout de même falloir attaquer la descente, pas ce que je préfère. Même si moindre que l’an passé - je ne tremble pas -, l’appréhension du vide, de la chute interdite, est latente : un peu raide et pas bien rapide (Antoine me dit qu’il faut profiter des passages plus faciles pour se détendre tout en restant concentré - ou quelquechose comme ça... dans les rochers avec des crampons aux pieds, je vois mal les passages faciles...). "Attends", "Tu tires trop", "heu par où je passe là ?" : "phrases" qui se répètent... une aisance à en ressortir avec des bleus plein les tibias. C'est en forgeant...

Le chemin est loin d’être évident, je me dis que jamais je ne pourrais encadrer une sortie comme ça (merci Antoine !). 
Après avoir remonté le glacier des Améthystes ce matin, on en trouve sous nos pieds en crapahutant dans les rochers.

Depuis un moment déjà, je me dis que ça serait plus simple de descendre en rappel...on finit par en faire un. Antoine descend [la tentative pour nous envoyer en reconnaissance en moulinette s’étant avérée peu concluante, avec un passage poignet gauche coincé sous la corde, gros bloc branlant dans la main droite], puis Maud, Laurent, Marin et moi. Un tour de trop dans le machard probablement, ça descend mal, c’est pas fluide, mais ça descend. En fait, c’est super long de descendre en rappel, pas la bonne option, pas plus simple.

Enfin, on rejoint la pente de neige qui va nous ramener vers le glacier du Tour Noir. Descendre en luge...heu...non mais attends, je descends pas assez vite, ça fait angle droit entre le 1er sur la cordée, moi et le troisième, ça va pas ! La corde hein là je m’en débarrasserais bien !

[Ellipse -si si- = on descend.]

Il est trop tard pour espérer avoir la dernière benne. Ca fera jamais que 733m (faciles mais long ou long mais faciles ?) de plus à descendre, 2600 au moins dans la journée. D’abord, le glacier d’Argentière. La seule "difficulté" en le traversant, c’est d’éviter les bains de pieds. Laurent, 3ème sur la cordée, profite un peu de nos mauvais choix à Antoine et moi, mais on finit tous par avoir les pieds trempés. De toutes manières, passées les échelles, l’orage éclate, et quand ça pleut à Chamonix, c’est la douche...Torrents sur le chemin, trempés pour trempés, on marche sur des piscines, ça fait "floc floc" dans les chaussures.

Lognan. Descente par la Pierre à Ric ou par le sentier ? Dans mon souvenir, la Pierre à Ric, c’est pas marrant à descendre, raide, plein de cailloux qui tiennent mal, et puis, c’est une piste de ski quoi. Va pour le sentier. Interminable, comme se doit d’être une descente pas compliquée (même humide, ça glisse pas, plein d’aiguilles de pin pour amortir). 20h passées, on arrive enfin au parking. Longue et belle journée !

Encore merci Antoine !






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