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Alpinisme

Les charmes de la Grande Lui

23/07/2014
Les charmes de la Grande Lui

La Grande Lui, située sur le versant suisse du massif du Mont Blanc, fait partie de ces courses hativement catégorisées comme d’intérêt second. Malgré ses 3509m, elle se trouve isolée du Mont Blanc derrière la barrière Chardonnet - Aiguile d’Argentière - Tour Noir. Et pourtant, elle ne manque pas de charmes et mérite notre visite.

En ce 5 juillet, nous revoilà donc sur le sentier qui rejoint la cabane de Saleinaz. J’ai déjà effectué cette marche au moins 2 fois : en 2005 pour gravir la Grande Lui avec François et Marco, et en 2008 pour notre première sortie d’alpinisme en tant qu’encadrants, au Portalet. Depuis, bien des ascensions, bien des courses encadrées, bien des rencontres.

Le premier charme est là dans ce sentier qui est tout sauf monotone. Il faut tout d’abord remonter sur les flancs, puis franchir une barre rocheuse par un habile système de vires équipées, de cables et de marches. Vient ensuite, une ancienne moraine couverte de rhododendrons avec un sentier reposant. Les sommets commencent à apparaître et le refuge est là haut sur son promontoire. Finalement, il faut franchir une moraine plus récente en piérraille pour terminer à l’aplomb du refuge, au pied des clochers de Planereuse.

Sous le refuge au pied des clochers de Planereuse

Et quel refuge ! Ce n’est ni une usine, ni un chalet vétuste. C’est une bâtisse de taille raisonnable, récente, bien emmenagée et qui est tenue exclusivement par des bénévoles du CAS de Neuchâtel qui font un tournus. Par rapport aux refuges « classiques », l’ambiance est tout autre, accueil simple et chaleureux, pas de lassitude mais une volonté de partager ce cadre magnifique.

Pour l’avoir vu plusieurs fois en été et en hiver (passage d’une variante du Chamonix-Zermatt), je ne suis pas encore blasé par le paysage du bassin de Saleinaz. Le regard embrasse ce large glacier bordé par des montagnes aussi variées que les Darrey, la Grande Lui, l’Aiguille d’Argentière, le Chardonnet, la Grande Fourche, les Dorées et finalement le Portalet.

Refuge de Saleinaz

Sylvain et Philippe préparent la course du lendemain : carte, matériel, horaire, conduite de course. Ils prennent au sérieux leur apprentissage et la validation de premier de cordée proposés par le club.

Dimanche, nous décidons de partir tôt car la météo est annoncée instable en après-midi. Après avoir remonté les éboulis et les névés, nous nous encordons pour rejoindre le col de Planereuse. Philippe sera leader pour Guillaume dont c’est la première sortie d’alpi, Sylvain emmenera Sophie et moi.

Après le col, la course devient vraiment glacière, mais cette année les crevasses sont bien bouchées, en effet je n’ai pas que de bons souvenirs à cet endroit [1]. Nous rejoignons sans encombre le pied de l’arête nord-ouest de la Grande Lui.

Comme nous le dit Sophie, c’est là que nous rencontrons le « plus » de la cotation PD+ : la pente se redresse et les pointes avant des crampons ne chôment pas. Cependant, à noter encore de bonnes conditions, très peu de mixte ou de glace.

Philippe et Guillaume sur l’arête terminale NW de la Grande Lui

Nous arrivons sur l’arête de neige, le ciel est encore pleinement découvert, d’un bleu quasi surréaliste, le spectacle est donc parfait : une arête facile et peu dangereuse, nous donnant l’impression de nous élever en plein ciel.

Le sommet est bien moins esthétique, c’est maintenant un tas de cailloux au dessus du glacier de l’A Neuve. La vue s’élargit avec les monts Dolent, Vélan et Grands Combins.

Guillaume et Philippe dans descente du col est de la Grande Lui

Comme nous sommes avance sur l’horaire, et pour reposer nos mollets, nous allons faire une variante par le col Est de la Grande Lui. L’ayant déjà remonté skis sur le sac, je me souviens qu’il est assez court et pas trop pentu.

Nous descendons donc coté A-Neuve sur quelques dizaines de mètres avant de retrouver l’arête Est et le col. Il y a quelques rochers instables sur le haut de la pente, mais une corde a été posée pour faciliter le passage. La descente, même si courte prend un petit peu de temps car il faut bien poser les pieds, utiliser la corde comme aide. La suite est plus simple, dans la neige, il faut contourner la rimaye et un bastion rocheux.

Puis retour sur la trace glacière de la montée et enfin le refuge. Nous en profitons pour réviser le« piolet ramasse » sur une petite glissade. J’apprends, trop tard, que ce geste ne fait pas partie de l’école de neige, « Damned ! » dirait François. Du coup, petite collision et griffe de crampons entre Sophie et Guillaume.

Nous retrouvons Ron au refuge et enchaînons sur la descente en vallée. La pluie nous rejoint une fois dans la voiture, ouf !

Merci à tous pour cette belle course, en espérant d’autres bonnes sorties comme celle-ci pendant l’été, ce n’est pas gagné avec la météo capricieuse de ce mois de juillet.






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