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Combin de Corbassière

08/08/2016
Combin de Corbassière

• « Tu leur as dit ? » qu'il a dit Guillaume au dîner
• « Dis quoi ? » a répondu Antoine
• « Pour le compte-rendu de la sortie, que ce serait bien que quelqu'un le fasse. Que si cela pouvait ne pas être toujours les encadrants... »
Bon, je me suis dit, il a pas tort là. Déjà qu'ils ont organisé toute la sortie...
• « Ok » j'ai dit (avec un enthousiasme très modéré), « si personne d'autre n'y tiens »

Mais au fait, on fait comment un compte rendu d'une sortie du CAF ?

A priori il s'agit de raconter où nous sommes allés. Jusque là tout va bien. Le Combin de Corbassière, sommet Valaisan culminant à 3 716 m. Parler des participants : Antoine, notre ex Président qui est l'encadrant pour cette course, Guillaume (et pardon de t'avoir appelé Xavier !) notre secrétaire, Marion (je suppose la benjamine, puisque je sais juste qu'elle n'était pas née en 1986), Mathieu (futur encadrant de ski de rando) et moi (le boulet, il en faut toujours un !). Et un thème. Il me faut un thème pour raconter une histoire. Voyons voir... mon thème pourrait être « ma course d'alpi de l'année » (ça ça a bien amusé Guillaume), ou « c'est quand qu'on mange ? », ou même « vous avez vu de l'état de mes fesses » ! Non, non, je ne plaisante pas, je vais vous raconter mais par souci de pudeur (il y a quand même des mineurs au CAF), je ne vais pas retenir cette dernière option.

Ce sera « ma première sortie alpi avec le CAF » et donc, entrons maintenant dans le vif du sujet :

Nous partîmes à cinq et revîmes à cinq, ce qui en soit est déjà un bon début. Le plan était simple : monter au refuge le samedi (D+, 1 100 m,) dormir à la cabane de Panossière à 2 660 m, se lever à 4 h (beurk !), atteindre le sommet du Combin de Corbassière par une longue marche sur glacier puis une arête facile cotée 2 (D+, 1 200 m), éventuellement enchaîner avec le petit Combin (option, finalement pas retenue à mon grand soulagement) et tout redescendre. La météo était bonne, à nous de jouer !

Je passe sur la montée au refuge : C'est l'occasion de faire connaissance, mais il fait tellement chaud que tout le monde économise ses forces et sa salive... Guillaume et Antoine gambadent en tête les cordes sur le dos. La vue de la cabane de Panossière est magique : Le Grand Combin majestueux avec ses séracs menaçants, le Combin de Corbassière qui paraît bien haut, et la vue sur la vallée. Nous passons une partie de l'après-midi à revoir les manip de mouflage, c'est toujours aussi compliqué, mais Antoine maîtrise, espérons quand même que nous n'aurons pas à les tester en conditions réelles !

Les courses d'alpi (surtout au rythme d'une par an en ce qui me concerne) c'est sans aucun doute une épreuve physique, mais au-delà de cela, c'est également une belle expérience humaine. La fin de soirée et le dîner sont l'occasion d'échanger sur les raisons qui nous amènent les uns les autres à nous retrouver en montagne. Moi qui ai commencé à faire de la montagne à plus de 30 ans, je suis admirative de Guillaume et Marion qui semblent avoir mis beaucoup moins de temps que moi à faire les choix qui s'imposaient.

4 h... petit dej plus ou moins réveillés et nous voilà partis. Antoine prend Marion et moi sur sa corde, tandis que Mathieu et Guillaume forment une cordée autonome. Première surprise : il n'y a pas eu de regel pendant la nuit. La neige est molle et franchement pas très agréable à marcher. « on ira peut-être pas où on veut aller » annonce Antoine. S'ensuit une longue marche, les plus jeunes ne comprendront pas mais dans ces moments là je pense toujours au « shadocks », « et les shadocks pompaient, pompaient… ». On remonte le glacier, les pentes sont douces, le soleil se lève sur le Grand Combin, l'esprit s'évade, c'est un voyage intérieur dans un écrin blanc.

Mais au fait, quand est-ce qu'on mange ? Les Cafistes, ça fait pas beaucoup de pauses ! Enfin, au pied de l'arête on prend le temps de manger quelques amandes, délicieuses évidemment ! Antoine nous fait raccourcir l'encordement et nous sommes repartis (ha oui on a aussi enlevé les crampons, ça le fait mieux sur le rocher). L'arête n'est pas (trop) difficile et Antoine assure. Vraiment. Cela dit, je ne la voyais pas si longue cette arête et l'altitude n'arrange rien à l'affaire. Grand soulagement quand Antoine nous dit qu'on redescend par un autre chemin (« vous avez pas lu le topo ? » , « euh si, mais seulement pour la montée... », c'est bien d'être avec des pros !).

Un peu avant dix heures, nous voilà tous au sommet. On l'a bien mérité celui là ! Je ne le décris pas, il n'y a qu'à regarder les photos ou mieux, y aller !

On re-mange (chouette encore des amandes !) et on remet les crampons pour la descente. La neige est un peu molle ce qui fait que nous nous enfonçons régulièrement jusqu'au genou et comme je ne suis pas très à l'aise dans ce terrain, je ponctue notre descente de « haaa ! » et de « hou ! » au grand désespoir d'Antoine qui se demande à quelle heure on va arriver à ce rythme là... Mais je vous avais promis de parler de mes fesses ! Voilà c'est le moment : devant tant d'incompétence, Antoine a dû se dire que quitte à m'entendre crier autant que cela soit efficace ! Donc c'est sur les fesses que nous attaquons la descente suivante. La technique est simple : fesses dans la neige, pieds en l'air et piolet en gouvernail. Certes plus rapide mais un conseil : évitez le pantalon en toile si vous ne voulez pas avoir à expliquer à votre conjoint en rentrant pourquoi vous avez les fesses rouges et douloureuses en revenant d'une sortie en montagne !

Finalement, nous retrouvons la partie plate et crevassée du glacier pour une longue marche de retour. Antoine, nous fait contourner des crevasses que je n'ai même pas distinguées et j'en enjambe bien une centaine... certainement imaginaires !

Bien sûr au refuge... on mange ! La bonne quiche maison de Guillaume et le chocolat même pas fondu de Mathieu (à nouveau un festin royal). Puis il faut bien attaquer la descente, interminable et chaude...). Vers 16 h nous sommes de retour aux voitures ou nous pouvons enfin enlever les chaussures !
Un petit verre au bistrot pour fêter cette belle sortie et voilà ! On sera même rentrés à temps pour regarder la finale de l'Euro (enfin, moi je dormais à 20 h).

Pour finir, un grand merci à mes compagnons de cordée, merci à Antoine et Guillaume, en particulier, qui donnent de leur temps pour faire vivre le CAF. De mon coté, je suis déjà en train de regarder les prochaines sorties... et pas pour l'année prochaine !






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