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Ski de randonnée

Quatre jours autour de la Meije

09/05/2006
Quatre jours autour de la Meije

Le tour de la Meije est une randonnée d’exception lié à la présence de son sommet prestigieux que nous côtoyons à tous les instants. C’est en plus un raid réservé à des skieurs alpinistes évoluant sur terrains glacières tourmentés où les passages peuvent s’avérer engagés et délicats à certaines périodes.
Les refuges et en particulier celui de l’Aigle renforcent cette ambiance sauvage d’un massif peu mécanisé où le skieur de randonnée est roi. Isolés, solitaires, ne sont pas des termes adaptés à cette période du ski de randonnée car il y a du monde tout le long du parcours et les refuges durant ces périodes de week-ends prolongés sont bien remplis. Mais l’ambiance reste sévère et les efforts mérités.

Le versant sud se caractérise par des montées pénibles aux refuges en fin de matinée ou le sac lourd fait son travail de sape sur les organismes pas encore accoutumés. L’accès à Adèle Planchard est long mais ce n’est rien par rapport au Promontoire !!. La descente en versant Nord sous la brèche nous donne une réelle impression de la haute montagne, La Grave dans le fond de la vallée, la face Nord de la Meije avec son Grand Pic au-dessus.

Refuge de l’Aigle

Il nous faut traverser maintenant sous une énorme barre de séracs menaçants pour atteindre le pied du couloir du Serret du Savon, passage obligatoire qui donne accès au refuge de l’Aigle après avoir traversé le glacier du Tabuchet. Une dernière petite bosse et c’est la vue du refuge, de loin, accolé à son piton rocheux, c’est un moment magique chargé d’émotions. Presque rien n’a bougé depuis un siècle. La petite battisse continue de veiller sur la Meije Orientale et, en dehors des matelas qui ont remplacé les paillasses les alpinistes de l’époque n’y seraient pas trop dépaysés. La burle continue à pénétrer par les ouvertures, le givre s’accroche aux carreaux et les haubans qui répondent aux attaques du vent mettent la dernière touche à cet endroit extraordinaire. Que la vue est magnifique de ce belvédère, la Meije et toutes ses pointes, le glacier de l’homme et ses séracs démesurés. Et puis plus loin, plus bas la vallée du Lautaret et ses petits villages, le plateau d’Emparis...

L’equipe au refuge de l’Aigle

Le gardien « Jeannot » est le personnage moulé au lieu, humour caustique, pertinent dans ces propos, c’est un cuisinier hors pair. Je garderai un souvenir impérissable de cette omelette aux lardons d’une onctuosité à nulle autre pareille et ces confis et ces pâtes à n’en plus finir, cuites dans de l’eau à 85°C. C’est aussi un montagnard, un guide, qui nous renseigne sur l’environnement du refuge et son histoire. Nous avons passé ainsi une partie de l’après midi à observer, avec commentaires, deux cordées évoluant sur les arêtes de la Meije après avoir fait le couloir Gravelotte.

L’ascension de la Meije Orientale au petit matin nous réveille brutalement. La vision du Doigt-de-Dieu ou pic centrale de la Meije est saisissante. Pointé vers le ciel, cet index représente un défi à l’équilibre. Pourtant c’est de là que descendent les cordées pour rejoindre le refuge. Coté Est c’est la vue sur le Pavé et le Pic Gaspard.

Revenus à nos skis c’est la descente fantastique sur le glacier de l’Homme, dernières difficultés avant de rejoindre la vallée. L’impression d’engagement est forte sur ce glacier encadré d’éperons rocheux. La descente est parfois raide au milieu des zones tourmentées et demande quelques précautions. Mais tout ce passe bien et la neige est encore bonne. Nous quittons à regret ce vaste cirque glaciaire pour descendre, par la gorge du torrent de l’Homme, vers la haute Romanche. Virages et dérapages entre les rochers conduisent aux abords du sentier du refuge de l’Alpe. De retour parmi le commun des mortels nous reprenons nos habitudes, vêtements de ville, repas au Gîte. Cet univers rassurant contraste largement avec celui dans lequel nous avons vécu des instants inoubliables. Et tout là-haut figées pour l’éternité, les arêtes déchiquetées de la Meije continueront à fasciner les femmes et les hommes épris d’espace et de liberté.

Ce tour peut se faire de plusieurs façons : au départ de la Bérarde, au départ de la Grave, par le Col de la Girose et la Brèche du Rateau, par le col du Clot des Cavales ou du col du Pavé.

Notre raid s’est déroulé du 28 avril au 1er mai 2006 au départ de La Grave pour quatre d’entre nous, (Antoine et Hubert nous ont rejoint au Promontoire au départ de La Bérarde). Pour nous mettre en conditions nous avons passé la nuit au Gîte auberge du Pas de l’Ane histoire d’être à pied d’œuvre assez tôt et de profiter d’un peu de confort avant les refuges d’altitude. Nous en garderons un souvenir de tarte aux myrtilles pas piqué des vers !

1er jour : Villar-d’Arêne - refuge Adèle Planchard (3169m)

• Dénivelé positif : 1500 m
• Dénivelé négatif : -

Nous portons les skis à peine ¼ d’heure jusqu’au Pas d’Anna Falque, puis c’est la longue remontée du torrent de la Romanche jusqu’au Plan de Valfourche. Nous contournons par le sud le refuge et c’est là que la chaleur se fait sentir, 600m à monter sous le soleil....

Sur la Grande Ruine, au fond les Ecrins

2ème jour :refuge Adèle-Planchard - Grande Ruine(3765m) - col de Casse Déserte(3484m) - Refuge du Promontoire(3082m)

• Dénivelé positif : 1560m
• Dénivelé négatif : 1680m

Du sommet de la Grande Ruine belle vue sur les Ecrins le Pavé et la Meije. La descente dans le vallon des Etançons se fait dans une neige horriblement croûtée qui ne nous laissera pas un souvenir de qualité. Et c’est la remontée sous le soleil des 800m pour atteindre le Promontoire qui porte vraiment bien son nom. Beaucoup de monde c’est la préparation de la course de ski alpinisme qui se déroulera le lendemain : La Bérarde-La brèche et retour avec une variante au col du Replat et la brèche du Râteau pour les « insatiables de l’effort chrono ».

3ème jour : refuge du Promontoire - brèche de la Meije(3357m) - Refuge de l’Aigle(3450m)

• Dénivelé positif : 700m
• Dénivelé négatif : 100m

Sans être une étape à fort dénivelé, c’est la journée la plus chargée en émotions. D’abord parce qu’on passe sous la face nord, ensuite parce qu’en cas de mauvais temps, l’itinéraire est délicat à trouver. C’est aussi la traversée engagée sous la barre de séracs du col du Serret du Savon et enfin l’accueil au refuge de l’Aigle.

François débouche du Passage du Serret du Savon

4ème jour : refuge de l’Aigle - Meije Orientale (3891m) - Villar-d’Arêne

• Dénivelé positif : 460m
• Dénivelé négatif : 2200m

On laisse les skis à la rimaye et l’on va chercher l’arête pour atteindre le sommet de la Meije Orientale. Les conditions du glacier de l’Homme nous permettent de descendre directement en évitant le détour par l’Aigle. Ensuite c’est la recherche du passage au milieu des séracs, heureusement bien marqué et sans difficultés particulières, les conditions sont très bonnes. A 11h30 nous sommes de retour au Gîte. Et pour fêter ça, nous renouvelons l’omelette mais rien à voir avec celle de Jeannot !!

Les participants : Antoine, Charly, Hubert, Jean-Luc, Francois, Alain.

En conclusion, ce fut une traversée réussie avec des conditions parfaites. Le beau temps fut au rendez-vous ce qui est à noter compte tenu des créneaux météo particulièrement délicats cette année. Notre petite équipe était parfaite.

Quelques photos :
• http://perso.wanadoo.fr/validera/Tour_de_la_Meije/index.htm
• Breche de la Meije
• Meije Orientale

Descente du glacier de l’Homme à droite






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