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Ski de randonnée

La Dent d'Hérens

31/05/2008
La Dent d'Hérens

Que ce soit du côté Suisse ou du côté Italien, l'accès à la Dent d'Hérens est assez long. Le programme initial prévoyait de rejoindre le refuge d'Aosta en partant d'Arolla et de passer deux nuits à ce refuge. Quand j'ai appelé le refuge pour faire les réservations, il n'y avait plus de place pour le jeudi 1er mai et il ne restait plus que cinq places pour le vendredi 2 mai. Dans ces conditions, le départ depuis Arolla n'était plus envisageable. Il fallait trouver un autre itinéraire qui nous permette d'être au refuge d'Aosta le vendredi. Après avoir étudié la carte, je décidais de partir de Prarayer dans la vallée de Valpelline et de réaliser un circuit de trois jours avec une première nuit au refuge de Nacamuli. Après tous ces déboires avec les réservations en refuge, nous n'étions plus que quatre participants, Antoine, François, Mauro et moi.

La vallée de Valpelline s'atteint depuis Aosta, une belle vallée verdoyante entourée de sommets enneigés offrant d'innombrables possibilités de randonnées à ski. Après une première heure de marche le long du barrage de Place Moulin avec les skis sur le sac à dos, nous bifurquons dans la combe d'Oren où nous trouvons la neige. Nous rattrapons un groupe d'une vingtaine de skieurs Italiens arrêtés au pied d'un passage raide. Leur chef de course a posé les skis et il continue droit dans la pente. N'ayant pas la patience d'attendre que le passage se libère, Antoine ouvre une nouvelle trace jusqu'au point où il est lui-même obligé de poser les skis. Nous le suivons et nous doublons le groupe sans histoire. Passé cette difficulté, nous atteignons facilement le refuge. Un groupe de Français venu du col Collon est déjà au refuge. Leurs affaires éparpillées un peu partout sur la terrasse ensoleillée ne nous laissent pas beaucoup de place pour nous décharger ! Une personne de ce groupe utilise un panneau solaire pour recharger les batteries de toute une panoplie d'appareils électroniques. Nul doute que c'est la solution idéale pour être complètement autonome.

Pendant le repas, nous discutons avec un groupe de quatre Français qui venait de réaliser un parcours de plusieurs jours autour des plus beaux sommets de Valpelline. Il paraît qu’il y a un beau couloir à descendre à skis au Mont Gelé, une idée de course pour la saison prochaine !

6 heures 30, départ du refuge en direction du col Collon. Nous sommes parmi les derniers à partir. L'itinéraire qui monte au col Collon est jalonné de skieurs. Depuis le col, les groupes partent soit en direction du col du Mont Brulé qui est le point de passage obligé de la traversée Chamonix Zermatt, soit en direction du col de l'évêque pour aller faire le Pigne d'Arolla ou pour aller au refuge Chanrion en descendant le glacier d'Otemma. Antoine m'avait fait part au refuge de son intention de tenter l'ascension du Mont Brulé. Les conditions étant bonnes, nous nous dirigeons en direction du Mont Brulé.

Antoine suivi de Mauro sur l’arête qui mène au Mont-Brulé.

Nous suivons une longue crête qui nous conduit à une antécime à 3498 m. Le vent souffle et les nuages nous enveloppent par intermittence. Nous décidons de ne pas continuer et de laisser l'ascension du Mont Brulé pour une autre occasion. A nos pieds, une grande face glacière plonge directement sur le glacier d'Arolla. La face a certainement été descendue à skis la veille, les traces de descente de deux skieurs sont encore très bien marquées. La perspective de descendre dans de la neige fraîche et la possibilité de retrouver directement la trace de montée ont finalement raison de nos hésitations. La face nous permet de skier dans des magnifiques pentes de neige. Nous avons fait le bon choix !

Neige poudreuse dans la descente de la face nord de l’antécime du Mont-Brulé. Défilé ininterrompu de skieurs sur le glacier d’Arolla. Le col du Mont-Brulé n’est plus loin.

Un défilé continu de skieurs se dirigent au col du Mont Brulé. Nous les suivons. Arrivés au col du Mont Brulé, nous découvrons la suite de l'itinéraire, la Tête de Valpelline et le col de la division qui permet de rejoindre le refuge d'Aosta. Sur les conseils de François qui nous avait parlé du panorama splendide depuis le sommet de la Tête de Valpelline, nous n'hésitons pas à faire le détour.

Antoine et François au col du Mont-Brulé.

Effectivement, la dent d'Hérens et le Cervin sont à portée de main. La Dent d'Hérens se dresse hautaine, avec une étroite facette glaciaire délimitée par les arêtes nord-ouest et ouest. L'arête ouest de la Dent d'Hérens vue de face a fière allure. Demain, si tout va bien, nous parcourrons cette arête.

La Dent d’Hérens et le Cervin en arrière plan.

L'ascension de la Dent d'Hérens par l'arête ouest s'effectue depuis le refuge d'Aosta, un petit refuge d'une capacité de quarante places.

Le refuge d’Aosta.

Arrivés au milieu de l'après-midi au refuge, nous avons le temps de nous remettre de cette longue étape en faisant une petite sieste. Nous demandons au gardien quelles sont les conditions pour faire la Dent d'Hérens et nous avons la surprise d'entendre que personne n'a encore réussi à monter au sommet cette année. Un guide Autrichien a tenté l'ascension avec son client au début de la semaine. Après 6 heures d'effort, ils ont fait demi tour sans atteindre le sommet. Les chutes de neige de cet hiver ont été accompagnées de beaucoup de vent, ce qui a rendu les conditions beaucoup plus difficiles. Ces nouvelles peu encourageantes ne nous font pas changer d’avis ; nous aviserons sur place selon les conditions. Le gardien nous conseille fortement de nous lever à 4 heures. C'est bien trop tôt à mon goût ! Je n'ai pas envie de partir du refuge à la frontale. Nous demandons de prendre le petit déjeuner à 5 heures. Plusieurs cordées sont montées au refuge avec l'objectif de faire la Dent d'Hérens. Ils ont tous prévu de se lever à 4 heures. Laissons les partir devant, ils nous feront la trace. Chose surprenante, Mauro est le seul Italien au refuge, à l'exception du gardien et de ses aides, sinon il n'y a que des Français et des Suisses.

Quand nous nous levons à 5 heures, les premiers skieurs quittent le refuge. Toujours pas de pain pour le petit déjeuner, nous devons nous contenter de biscottes. Pas étonnant avec ce régime que personne ne réussisse à atteindre le sommet de la Dent d'Hérens ! La journée s'annonce magnifique, le ciel n'a aucun nuage. Après deux heures de montée à un rythme régulier, nous avons rattrapé notre retard sur les premiers partis. Antoine passe en tête et il rejoint la rimaye au pied de la face sud-ouest par une longue traversée ascendante. Nous posons les skis vers 3800 m d'altitude juste au dessus de la rimaye. La suite de l'ascension s'effectuera en crampons. La course est côtée AD- et elle mérite bien sa cotation. L'arête en mixte s'avère délicate compte tenu du manque de neige et des nombreux passages en rocher. En quelques longueurs de corde, nous avons rejoint les dents de scie de l'arête faîtière qui mène au sommet.

Belle ambiance au cours de l’ascension de la Dent d’Hérens.

Belle ambiance sur cette arête aérienne, vierge de tout passage. Après 5 heures et 30 minutes d’effort, nous arrivons au sommet de la Dent d’Hérens. Le vent s'étant enfin calmé, nous avons pu profiter du bonheur d'être au sommet.

Mauro, François et Luc au sommet de la Dent d’Hérens.

Après une descente sans histoire en suivant nos traces de montée, nous avons retrouvé les skis. La première partie de la descente à skis sur le glacier des Grandes Murailles s'est effectuée dans une neige soufflée facile à skier. Ensuite, dans la grande combe en dessous de la Tête de Valpelline, la neige, entièrement transformée et dégelée en surface sur quelques centimètres, fut un régal à skier. Par contre en dessous de l'altitude du refuge, nous avons rencontré de la neige pourrie. Tant bien que mal, nous sommes arrivés à descendre à skis jusqu'au lac de Place Moulin, non sans avoir dû déchausser à plusieurs reprises. Il ne restait plus qu'à reprendre le chemin, déjà parcouru deux jours auparavant, pour retourner au barrage. 11 heures après avoir quitté le refuge, nous sommes arrivés à la voiture enchantés de notre course.






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