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Randonnée

Tour du Mont-Lozère

23/05/2008
Tour du Mont-Lozère

Cette année, trek de printemps en petit comité. Cinq personnes au total qui ont formé une belle équipe de joyeux randonneurs motivés, en pleine forme et avides de découvrir cette région (Renée, Frits, Gilbert, Philippe et moi).

C'est au sortir d'un hiver qui n'en finit pas que nous partons ce jeudi matin 1er mai 2008 en direction de Villefort avec l'espoir de trouver le soleil et de prendre enfin un peu de couleurs. La météo est favorable pour les prochains jours alors, confiance !
Arrivés dans la région en fin de matinée et le trek proprement dit ne commençant que le lendemain, nous nous rendons immédiatement à Genolhac à 17 km de Villefort pour une superbe randonnée panoramique de mise en jambes de 4 heures (le Ruisseau de l'Homol). Il faut monter par la route du Mas de la Barque pour accéder à ce parcours qui longe le ruisseau de l'Homol, puis monte sur les hauteurs parmi les blocs granitiques des rochers de Trenze et les genêts dont quelques pieds seulement sont à peine fleuris pour arriver sur l'emplacement de l'ancienne place forte médiévale le Castellas de Monclar dans un paysage de blocs granitiques et de pentes couvertes de genêts. Nous passons à la ferme des Bouzèdes, toute en granit et bien conservée puis basculons de nouveau versant Genolhac .....

Pont sur l’Homol Sur les crêtes Dans la hêtraie Ferme des Bouzèdes Blocs granitiques Les randonneurs

Installation au gîte des Sédariès à Villefort (600m) dans un superbe petit appartement pour nous 5 très fonctionnel et très propre. Nous sommes nombreux au repas qui est copieux et servi par un traiteur (vin rouge ou rosé à volonté, du rab pour ceux qui en veulent...) tout va bien. Après le dîner Renée et moi partons repérer le raccourci menant au GR du lendemain.

Vendredi, levés par un beau soleil, nous partons via Le Bleymard après avoir laissé la voiture en sécurité au camping. Cette étape est la plus longue et la plus fastidieuse du tour. La plus longue car elle comporte quelques 911m de dénivelée positive sur 30km ce qui nous fait frémir, surtout le « petit » nouveau, Philippe. La plus fastidieuse, car il y a des grandes portions de pistes et quelques petits tronçons de bitume. J'ai un tel mauvais souvenir de mes bobos aux pieds sur les pistes des Barronnies que je me fais un peu de souci.

Nous récupérons le GR68 vers la gare, traversons le ruisseau de Pathères sur un joli pont puis c'est la montée dans les shistes et les genêts par un sentier dominant la vallée de l'Altier. De là, on aperçoit le lac et le barrage de Villefort. La chaleur va croissant. Nous passons successivement aux charmants hameaux lozériens du Montat, Rabeyral pour arriver à l'Habitarelle.

Départ du trek, Villefort Pont à Villefort Rabeyral Cubières Halte à Cubières, les garçons Halte à Cubières, les filles

Nous franchissons l'Altier à Villespasses, puis c'est Bergognon et la magnifique ferme fortifiée de La Prade, Pomaret. Puis c'est le col Bourbon (1091m) que nous voyons déjà depuis un long moment mais que nous n'atteindrons semble-t-il jamais, la piste épousant tous les contours de la montagne pour y parvenir. Philippe en a assez, il voudrait manger mais on a dit au col et pas avant. En plus, il a pris le relais pour les bobos aux pieds, c'est lui qui s'y colle !!! Ouf nous y voici enfin et évidemment, les nuages passent sur le soleil juste pour le pique-nique ce qui nous oblige à sortir la petite laine et à écourter quelque peu la sieste. Traversée du joli village de Cubières pour arriver au col Santel (1195m). Descente cool sur le Bleymard (1100m) et ravitaillement au supermarché du coin.

Notre hébergement (le gîte de la Combette) est un peu plus loin à St-Jean-du-Bleymard (1068m) à 800m du Bleymard ; c'est 800m de trop à cette heure pour nos pieds à Philippe et à moi. Mais arrivés au gîte, nous ne regretterons pas. Si vous passez dans la région, je vous le recommande. C'est raté pour Frits question dépaysement car les patrons sont des compatriotes à lui vivant ici depuis de nombreuses années et les voilà enchantés de parler du pays dans leur langue. Nous sommes encore logés dans un super petit appartement tout confort. Après le rituel apéro au vin d'orange maison, nous dégustons la cuisine du pays faite par une lozérienne d'adoption (un confit d'oie ( ?je crois) en portions copieuses et un plateau de pas moins de 21 fromages avant le dessert maison).

La Combette Plateau de 21 fromages

Le lendemain, nous aurons à peu près le même nombre de pots de miel-confitures au petit-déjeuner. A part le matelas de Gilbert qui lui est rentré dans les côtes toute la nuit et le chien du voisin qui a hurlé dès potron-minet ce fut un régal.
Samedi, toujours beau et déjà chaud. Nous retraversons le Bleymard et repassons par le col Santel pour arriver au chalet du Mont Lozère (1420m) par une jolie forêt (GR70). Puis c'est l'ascension jusqu’au point culminant du Mont-Lozère, le Pic de Finiels (1700m) à travers landes et genêts en suivant une draille jalonnée de « Montjoies » (les drailles sont sans doute les plus anciennes voies de communication à travers les Cévennes). Les « montjoies » sont de hautes bornes de granit ou des assemblages de pierres qui servaient à baliser les itinéraires de transhumance et autres à la manière des « cairns » bien connus dans nos montagnes. Mais certaines « montjoies » dateraient du moyen âge et auraient délimité des domaines. Ainsi les croix de Malte sculptées sur certaines pierres dressées du Lozère (nous n'en avons pas vu) auraient borné les biens des chevaliers de Malte... Plus on monte, plus c'est le désert. Tout autour, le paysage est bleuté-mauve et vallonné à l'infini. C'est le royaume de la solitude.

Montée au Mont-Lozère La draille et les Montjoies Le désert Désert sommital

Arrivés au Finiels, le vent nous surprend. Séance photos puis recherche d'un coin pique-nique/sieste/abrité. Trouvé ! Contre un gros rocher ! Après le repas, on écoute le silence ! C'est le bonheur !

Pics de Finiels Chutttttttt....

Puis nous basculons sur Le Pont-de-Montvert et surprise, nous trouvons quelques petits « névés » tardifs parmi les sapins.

De la neige, ça manquait

La suite du parcours est un peu longue mais superbe. Paysages enchanteurs de landes et de prairies verdoyantes, drailles, blocs granitiques, jolis hameaux perdus de Finiels et Rieumal. Il fait chaud juste ce qu'il faut. Heureusement le GR a été déplacé et de pistes en drailles, nous éviterons le bitume (je prends le temps de tremper mes pieds qui « chauffent diablement » dans une fontaine et quant à Philippe, il arrive avec peine au village, il ne sent plus ses jambes. Le Pont-de-Montvert qui fut l’un des foyers les plus ardents du protestantisme s’étend sur une grande partie du versant sud du Mont-Lozère et regroupe une quinzaine de hameaux. Le bourg, entouré de pentes verdoyantes, est niché à la confluence des vallées du Tarn, du Rieumalet et du Martinet. Installation à l'Hôtel Aux sources du Tarn. Apéro sur une terrasse au bord du Tarn, visite du village et ses rues médiévales sans Philippe qui met du temps à récupérer. Le voilà enfin de l'autre côté du pont, re-apéro puisqu'il a raté le premier puis encore un bon repas à l'hôtel.

Le Pont-de-Montvert Maisons au Pont-de-Montvert Le Pont Sur le pont Le Tarn

Dimanche : départ pour le Mas de la Barque (1420m), petite station familiale au pied du versant sud du Mont-Lozère ou plus exactement du Pic Cassini (1680m), deuxième point culminant du Mont-Lozère et où se trouvent les sources du Tarn. Pour la petite histoire, l'appellation antérieure était le malpertus (ou mont perdu ou mauvais passage. Le nom actuel fut donné en mémoire de Cassini, cartographe de Louis XV qui établit à partir de ce point géodésique la première carte exacte de la région. On commence par 2km de route mais il n'y a quasiment pas de circulation et la route domine le Tarn qui, à cet endroit est un magnifique torrent. Nous nous éloignons provisoirement du Tarn pour récupérer le GR72 à Frutgères, Le Merlet et là on reprend nos bonnes habitudes : on perd le GR. Nous trouvons un joli sentier, la direction est bonne mais pas l'altitude. Nous arrivons à Felgerolles et comprenons que nous sommes passés plus bas que prévu mais nous ne sommes pas perdus ; du reste ce village médiéval est superbe.

Hameau de Felgerolles Ferme à Felgerolles

Reprise du GR et à travers un paysage sauvage, nous nous retrouvons bientôt de nouveau tout près du Tarn et traversons la plaine du Tarn. De torrentueux, le Tarn devient miroir ; le cheminement est féérique à travers pinèdes, landes et bruyères, le long de vasques ou l'eau est cristalline ; de gros blocs granitiques posés au milieu donnent une atmosphère fantastique de bout du monde, un effet de fjords.

Le Tarn Le Tarn et les filles Plaine du Tarn L’eau cristalline

On voudrait s'arrêter partout, mais ce n'est pas l'heure de la pause. Enfin, le Pont du Tarn, ouvrage classé, magnifique ! Il est également nommé à tort Pont Romain car il n'a pas du tout été construit par les romains mais vraisemblablement au 19e siècle. Dans les brochures du Parc National, le terme de "pont romain" est attribué au pont de Camargues. Les habitants du lieu confirment qu’il s’agit là d’une erreur. Pique-nique/sieste/photos et on continue l'étape.

Le Pont du Tarn De profil Paysage de rêve

Chemin faisant, nous voilà à babiller à tort et à travers, puis le groupe s'éclaircit, je me retrouve à la traîne (comme toujours lorsqu'il y a les turbos avec moi) et je m'aperçois qu'on a repris nos bonnes habitudes, on a perdu le GR et les autres sont loin devant, je ne les vois plus. Enfin, ils m'attendaient, on fait le point ! Pas de panique, nous sommes justes un peu en dessous du GR. Voilà un petit pont et le tour est joué, on est revenu sur les rails. Arrivés au Mas de la Barque, notre intention était de monter au Pic Cassini, mais le ciel là-haut est menaçant, l'orage n'est pas loin. Alors, on s'installe dans nos petites chambres, c'est propres et fonctionnel, on se détend, petit tour du propriétaire, puis apéro comme d'habitude et un bon repas. Nous sommes peu nombreux ce soir mais c'est sympa.

Le Mas de la Barque

Déjà lundi, notre dernier jour. Sitôt l'étape commencée nous perdons le GR à quelques encâblures du Mas de la Barque. Nous rebroussons chemin en ayant perdu une bonne demi-heure. Le début du parcours n'est pas très intéressant. Il coupe plusieurs fois la route avant de descendre par une piste au col de Rabusat (1099). Puis le terrain remonte sur les crêtes parmi les blocs granitiques (tout ce qu'on aime) et les genêts non fleuris mais tellement épais et serrés qu'on ne voit plus tout le chemin. Il faut les écarter au passage sous peine d'avoir les jambes complètement en sang. Nous cheminons sur une successions de crêtes qui montent et descendent (le Bousquillou, Le Truc Plumat, la Taillade...) c'est casse pattes mais superbe. On accélère car le ciel noircit à vue d'œil.
La boucle est bouclée. Nous voici enfin à Villefort. Dernier repas dans un bistrot du village (de justesse car il est déjà tard !) et l'orage éclate là-haut. On a de la chance.

Bistrot Villefort Bon appétit

Chantal






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